III. Limite et critiques de la société de consommation

Influence sur le consommateur

                                                                                                     manipulation

 

 

        Alors que la société de consommation entraîne des effets négatifs sur l’environnement elle est également source de manipulation. La publicité est l’instrument principale de la manipulation en effet elle conditionne, apporte une perception subliminale et influence la population inconsciemment. Au fil des années, elle a mobilisé des techniques de manipulations mentales issues des sciences humaines pour pousser le consommateur à acheter. Ces techniques datent du 20eme siècle : à cette époque, il était encore mal vu pour les femmes de fumer et alors est intervenu la publicité qui a fait appel à des féministes afin de les prendre en photo en train de sortir des cigarettes de leur sac main. Il s’agissait là de faire un coup d’éclat par le biais d’une provocation qui a amené une remise en question tel que «  les femmes n’auraient-elles pas le droit de fumer comme les hommes ?» A la suite de cela, Edward Bernays l’auteur de cette grande parade a truquer une affiche visant à féminiser l’image de la cigarette afin qu’elle soit commercialisé à tous publique. Nous pouvons constater aujourd’hui le tabagisme régulier féminin qui a véritablement démarré dans les années 60 et 70 (11 % en 1960, 20 % en 1980) pour longtemps se maintenir à ce niveau. Sur 100 fumeurs, la proportion de femmes n'a cessé d'augmenter entre 1974 et 1998 : 33 femmes pour 67 hommes en 1974, 44 femmes pour 56 hommes en 1998. Aujourd’hui, cette proportion s'est stabilisée (45 pour 55 en 2010).

Au moment de ce coup d’éclat les agences de publicités ont commencé à recruter des psychologues censés détenir les clés des motivations humaines. La théorie est simple, les comportements sont mus par des besoins et instinct profond (sexe, peur, affirmation de soi) sur lesquelles on peut greffer des associations artificielles : mettez une jeune et belle « playmate » (qui suscite le désir sexuel chez l’homme) a côté d’une bouteille de coca cola et l’association va opérer. Le but est de disposer de moyen assez puissant pour créer un conditionnement durable et bien encrer dans les esprits.

Millerposter fridge

 

 

D1056

 

 

 

Il ne faut pas oublié les organismes de crédit via la publicité incitent les ménages à consommer plus en contractant des crédits en leur « cachant » les conditions nuisible pour le client a la contraction de ce crédit. En 2006, 50,9% des ménages était endéttés et 32% détenait un ou plusieurs crédits à la consommation.

A la suite de cela des scientifiques ont continué dans la lancé en mettant les sciences humaines au service du marketing. Un exemple flagrant : au début de la seconde guerre mondiale, les états unis étaient confrontés a une pénurie de viandes. Le gouvernement voulu alors convaincre les ménagères américaines d’acheter des abats (qui leur répugnaient jusque-là). A alors été envisagé de lancer une campagne en direction des mères de familles. L’expérience fut la suivante : quelques femmes ont été invitées à écouter à la radio une conférence de scientifiques expliquant les avantages alimentaires des abats et la manière de les cuisiner. Elles ont ensuite été conviés à discuter entre elle sur ses abats et les résultats se sont révélés marquant, en effet 32 % d’entre elles achetèrent par la suite des abats.Par ailleurs, la manipulation peut se faire aussi inconsciemment comme le dit V. Packard dans son livre la persuasion clandestine (1975) destiné à montrer que le subconscient des consommateurs est manipulé. Il parle du témoignage de James Vicary (chercheur en psychologie) qui se vante d’utiliser la perception subliminale pour introduire le comportement d’achats chez les spectateurs. Son procédé consiste à glisser des images flash (« acheter coca cola », mangez du pop-corn » en une fraction seconde au sein d’une séquence. 

Gaspillage et détérioration de l'environement

 

Nous vivons dans un univers d'hyperconsommation (les magasins sont même parfois ouverts le dimanche pour favoriser ce processus) ; Nous assistons à un immense gâchis : la nourriture est de plus en plus jetés par les hommes. En France chaque année 20 kg de nourriture par habitants finissent à la poubelle alors que 8 millions de citoyens vivent sous le seuil de pauvreté. En effet, le gaspillage est partout, chez le consommateur de masse, dans la grande distribution, dans les collectivités publiques, et même dès la production. Le gaspillage fait désormais partis de notre vie : on jette des produits périmés, on achète trop, sans discernement par peur de manquer, les cantines publiques ne sont pas aussi épargné plus de 30 % de la nourriture par à la poubelle. On peut constater un même constat dans les hôpitaux ou les kilos de viandes et de légumes sont également jetés. De plus, en ce qui concerne la phase de production, le gaspillage est aussi présent dans le domaine de la pêche. Du coté des supermarchés, chaque jour des conteneurs entier de légumes de fruits, de viandes sont destinés à être détruit car ces aliments sont abîmés et considérés comme impropre à l'avance.

Repartition du gaspillage alimentaire dans le monde par an et par personne

 

Les déchets que nous rejetons dépendent de nos modes de vies et de consommation, en effet les populations des pays développés représentant 15 % de la totalité de la planète consomment 56 % de la production pétrolière mondiale , 60 % de la production mondiale de gaz naturel. D’après le programme des nations unies pour l'environnement, ils sont les principales causes du gaspillage, chaque habitants de ces pays consomment entre 45 et 85 tonnes de ressources naturelles par années, la planète ne peut soutenir un tel un volume de consommation. Nos modes d'habitudes de consommation exercent une pression croissante sur l’environnement. Toute cette consommation cause l'épuisement accéléré des ressources et également de la pollution. Etudions de plus près la déforestation et la pollution des eaux. Depuis plusieurs années les forêts disparaissent à un rythme très important, sachant que chaque année, il s'agit de l'équivalent d'un quart de la France qui disparaît. Cette grande perte de la biodiversité est en très grande partie due à la déforestation. Entre 2000 et 2010 c'est environ 13 millions d'hectares de forêts qui sont convertis à d'autres utilités ou dégradés. Par exemple la première forêt victime de la déforestation est l'Amazonie avec la disparition de 4 251 000 hectares par an soit un terrain de football toutes les 7 secondes. En restant sur ces chiffres on peut prévoir la fin de l'Amazonie vers les années 2150. D’autre part cette détérioration de l’environnement est aussi dû a la pollution des eaux causés par de nombreux facteurs tel que l’agriculture productiviste, les particuliers commerçants et les activités industrielles rejetant des métaux ,des hydrocarbures ou encore des acides .

deforestation

 

                                                                               Extent of deforestation in borneo 1950 2005 and projection towards 2020

 

Objet de critiques

Depuis son origine, la consommation a été l’objet de critiques récurrentes, associée à un gaspillage coupable. Célébrée pendant les trente glorieuses, elle sera blâmé par la suite autant par les sociologues que par les artistes. La société de consommation de Jean Baudrillard publié en 1970 est l'une des plus grande référence de cette critique. Cette ouvrage remet en question des principes qui nous paraissaient évident comme l'achat d'un objet plus tôt qu'un autre, il veut choquer, remettre en cause mais de façon argumenté. En effet il présente les effets pervers de cette société de consommation et en fait le procès de façon rigoureuse et argumenté. Il a notamment expliqué sa théorie de la consommation « Tout le discours profane ou savant, sur la consommation est articulée sur cette séquence qui est celle, mythologique, d’un conte... Un Homme, « doué » de besoins qui le « porte » vers des objets qui lui « donnent » satisfaction. Comme l’homme n’est quand même jamais satisfait, la même recommence indéfiniment, avec l’évidence défunte des vieilles fables. » Thorstein Veblen, dans sa Théorie de la classe de loisir (1898), il dépeint une société où les ressorts principaux de la consommation sont l’ostentation et l’émulation. Au sommet, la classe des possédants, une catégorie improductive qui jouit du travail des autres et affiche son opulence par sa consommation – des bijoux, des vêtements coûteux et à la dernière mode, etc. – mais aussi par son style de vie et ses loisirs,  voyages, cours de langue, leçons d’équitations. T. Veblen offre ainsi une analyse « positionnelle » de la consommation où la raison de cette dernière est de signaler son statut, sa position dans la société. Des artistes comme Duan Hanson prennent part a cette critique avec la sculpture « Super Market Lady » qui est une critique à la fois explicite et implicite de cette société. Elle devient l’image inverse du rêve américain. La société de consommation qui émerge dans la seconde moitié du XXème siècle envahie nos modes de vie. La société américaine devient le modèle (culturel, économique) d’une grande partie du monde occidental. Pour alimenter cette critique des chanteurs tel que Boris Vian qui avec sa chanson « La complainte du progrès » au fil des couplets on montre que la relation amoureuse est régie par la possession de biens matériels et qu’elle se dégrade au profit de la conservation de ces biens matériels. Cette relation n’est que marchandage et le bonheur se résume à la possession d’objets de consommation

 

                                                              9782070323494                                                                                                                                               

 

                                                                                                      Vi caddie ou supermarket lady    

Commentaires (4)

1. nicolas 23/11/2019

jte baiz

2. Stéphane 21/11/2019

"consommer plus, c’est « bon pour l’emploi »" le problème c'est que pour consommer, il faut en avoir les moyens, or les revenus stagnent, compte tenu de l'évolution du coût de la vie (taxes, impôts, prix etc..). Si la consommation a soutenu la croissance actuellement, elle diminue donc va vers une décroissance ! Certes les banquiers et économistes ont inventé les crédits à la consommation qui poussent les gens à s'endetter dans leurs désirs de consommer absolument, la consommation entraînant également la productivité donc le travail et comme il est difficile de rester à rien faire...on fait des conneries. Il faudrait plutôt apprendre à se passer de ses désirs et notamment ceux qui provoquent les destructions de nos ressources, bâtir un modèle sociétal plus axé sur la façon de vivre de groupements indigènes comme les indiens qui respectaient leur environnement et dont les autorités n'allaient pas à l'encontre de leurs peuples. La folie coca-cola etc...est passée par là, rendant les êtres de plus en plus insatisfaits et dépendants d'un système de type Ouroboros qui conduit l'Humanité à l'épuisement, la violence et vers son extinction si elle ne réagit pas. Ce n'est pas l'affaire d'un seul, mais de tous. Redonner du sens au Carême ou au Ramadan vis à vis des destructions de vies animalières me semblent utiles.

3. Nathalie 12/10/2018

Je vous présente des méthodes naturellement et douces pour cesser de fumer à vie et surtout comment surmonter les symptômes du sevrage sans manque ni souffrance
Voici la solution pour arrêter de fumer:
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Cordialement
Nathalie L

4. Jaudon 21/04/2018

Le décroissantisme est une philosophie établie sur les fondements théoriques de la décroissance économique.

Selon Jean-François Jaudon, cette philosophie contemporaine se définit par les trois postulats suivants :

- la spiritualité peut lutter contre le pire des écueils des sociétés de type occidental, le consumérisme,
- la recherche de solution politique aux problèmes écologiques a pour condition sine qua non la sortie de la société de consommation et de son corollaire, la croissance économique,
- l’intensité du désordre de la fin de la société de consommation sera inversement proportionnelle au niveau de prise de conscience par les citoyens de cette fin.

Le décroissantisme ou l’anticroissantisme constitue une véritable composante de l’altermondialisme.

Agnostique, Jean-François Jaudon, né le 14 mars 1970 à Grenoble (France), est ingénieur de formation. Il a étudié le processus de transition économique du système communiste au système capitaliste à Budapest - Hongrie - après la chute du Mur de Berlin et a obtenu un diplôme de Mastère sur la transition économique. Il est l’initiateur de cette philosophie.

Il est convaincu que les économies de type occidental entreront dans une économie de sobriété du fait de la rareté physique des énergies fossiles et ce , pour trois raisons :

- en effet, les énergies fossiles sont non renouvelables à l’échelle humaine,
- elles sont consommées par de plus en plus de sociétés,
- 80 % de l’énergie utilisée dans le monde est de l’énergie fossile.

D’autre part, l’économie de sobriété est salvatrice pour l’environnement. On parle pour utiliser un vocabulaire anthropologique de l’homofrugalis par opposition à l’homoconsuméris.

Un exemple : l’Europe.

Son empreinte écologique actuelle est deux fois supérieure à la moyenne admissible par la Terre. L’Europe dispose de technologies pour diminuer son empreinte écologique, mais dans des proportions plus modestes. La technologie n’est pas la solution aux problèmes écologiques : seule l’économie de sobriété est une solution. Cette société de sobriété sera marquée par la reconnaissance de l’initiative individuelle, notamment par le microcrédit, dans l’économie et la reconnaissance du collectif dans l’urbanisme et les transports.

La transition de la société de consommation à une économie de sobriété passera par une période de décroissance. Son expérience de la transition économique dans les pays d’Europe Orientale lui a montré que pour éviter l’anomie lors de cette transition, les responsables politiques doivent planifier la décroissance économique, en faisant notamment prendre conscience aux citoyens de la finitude de la société de consommation.

Enfin, il soutient la candidature de listes favorables à la décroissance pour les élections européennes de 2009 .

Le décroissantisme ou anticroissantisme fait face à l’idéologie dominante de la croissance économique, appelée croissantisme, et se situe dans la tradition des philosophies orientales fondées sur l’être et non sur l’avoir.

Il ne faut pas confondre décroissance et récession : la décroissance doit être planifiée alors que la récession est un cycle du capitalisme.

Au-delà de la remise en cause de la croissance dans les pays riches, le décroissantisme est favorable à une prise de conscience par les citoyens des conséquences écologiques désastreuses et de la finitude de la société de consommation.

Dans son livre Microcrédit et Maxiconso, Jean-François Jaudon parle de macro consommation.

Cette philosophie reconnait l’empreinte écologique par habitant comme indicateur principal de développement d’un pays, prônant la croissance économique pour les pays dont l’empreinte écologique est inférieure à celle admissible par la Terre, et la décroissance économique pour les pays dont l’empreinte écologique est supérieure, sachant que le problème de l’effet de serre est lié au modèle économique occidental.

L’empreinte écologique est un indicateur multidimensionnel : on parle de l’empreinte écologique d’un habitant, d’une ville, d’un pays, d’un continent.

Le décroissantisme est favorable à la croissance économique des pays pauvres : Jean-François Jaudon évoque le paradoxe du décroissantisme.

En tout état de cause, la technologie n’est pas une solution aux problèmes écologiques, en reconnaissant qu’elle peut diminuer l’empreinte écologique de certains pays dans des proportions sans commune mesure avec la problématique écologique, qui nécessite une baisse massive de l’empreinte écologique mondiale.

Enfin, la légitimité donnée à la croissance économique dans les pays riches pour sortir de la pauvreté est un leurre : la sortie de la pauvreté dans les pays riches est une question de justice sociale et non de croissance économique.

Dans un article du journal Politis n°1022 du 16 octobre 2008, Jean-François Jaudon, initiateur de cette philosophie, a parlé du décroissantisme comme suit :

« la notion de décroissance est indissociable de la notion d’empreinte écologique. L’empreinte écologique est la part d’écosystème nécessaire au mode de vie d’un être humain. Ainsi, selon Serge Latouche, il faudrait l’équivalent de 8 écosystèmes planétaires si tous les êtres humains vivaient comme des Américains. Toujours selon Latouche, la Terre peut supporter ses hôtes à condition qu’ils vivent comme des Français dans les années 1960. C’est un indicateur intéressant. En tant que décroissantiste, je suis pour la croissance des économies du Burkina, du Vietnam, [...], car ces pays ont une empreinte écologique inférieure à la moyenne admissible par la Terre. Je suis pour la décroissance des économies américaine, française, allemande, car ces pays ont une empreinte écologique supérieure à la même moyenne. Ces affirmations font partie de la philosophie décroissantiste. Le problème de l’éco-croissance est qu’elle ne remet pas en cause la société de consommation en mettant en exergue le développement durable (par exemple, les 4X4 avec moteur peu émetteur de CO2, autoroute avec crapauducs, etc.). La décroissance, elle, remet en cause le toujours plus vite, le toujours plus. Les êtres humains font ce qu’on leur a inculqué dans leur imaginaire : consommer plus, c’est « bon pour l’emploi ». […] Si, demain, les êtres humains des sociétés de consommation comprennent que la décroissance est nécessaire pour la sauvegarde de l’environnement et donc pour le monde de leurs enfants, ils feront des efforts. Serge Latouche parle de « décolonisation de l’imaginaire ». De toute façon, avec la pénurie de pétrole (80 % de l’énergie utilisée mondialement est fossile), les économies occidentales entreront en décroissance. Si les habitants en prennent conscience, le choc sera moins rude. Si nombre de pays ne « décollent » pas économiquement [ et donc, ne rentrent pas dans ce cycle de la croissance et dans le modèle de société de consommation ], l’aspect culturel est très important. La notion de croissance des économies est très nouvelle (apparue au XIXe siècle). Durant des milliers d’années, les pays ont vécu sans croissance. »

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